Hémorroïdes internes vs externes : symptômes et traitements efficaces

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Hémorroïdes internes vs externes : symptômes et traitements efficaces

Les hémorroïdes, c’est quelque chose dont on parle peu, mais qui touche presque 75 % des gens à un moment de leur vie. Pourtant, la plupart attendent des mois - voire des années - avant de consulter, par gêne ou parce qu’ils pensent que c’est normal. Ce n’est pas normal. Et surtout, ce n’est pas toujours ce qu’on croit.

Qu’est-ce qu’une hémorroïde, vraiment ?

Ce n’est pas une maladie, mais une réaction du corps. Les hémorroïdes, ce sont des coussinets vasculaires naturels situés dans le rectum et l’anus. Leur rôle ? Aider à contrôler l’évacuation des selles. Quand ils se gonflent à cause d’une pression excessive - comme lors de constipation chronique, de grossesse, ou de longues périodes assises sur les toilettes - ils deviennent douloureux, saignants, ou enflés. C’est là que le problème commence.

La clé pour comprendre les hémorroïdes, c’est de savoir où elles se forment. Il y a deux types principaux : les internes et les externes. Et ils ne se ressemblent pas du tout, ni en symptômes, ni en traitement.

Hémorroïdes internes : silencieuses mais pas inoffensives

Les hémorroïdes internes se développent à l’intérieur du rectum, au-dessus de la ligne dentée. Cette zone n’a presque pas de nerfs sensitifs. Résultat ? Elles ne font pas mal… sauf cas exceptionnel.

Le principal signe ? Un saignement rectal sans douleur. Vous voyez du sang rouge vif sur le papier toilette, dans les toilettes, ou sur vos selles. C’est souvent le premier et parfois le seul symptôme. Beaucoup pensent que c’est une petite coupure, ou une irritation. Mais c’est souvent une hémorroïde interne de Grade I ou II.

On classe les hémorroïdes internes en quatre grades, selon leur gravité :

  1. Grade I : Elles saignent, mais ne sortent pas de l’anus.
  2. Grade II : Elles sortent pendant la selle, mais rentrent toutes seules.
  3. Grade III : Elles sortent et doivent être repoussées à la main.
  4. Grade IV : Elles restent à l’extérieur, ne rentrent plus, et peuvent être très douloureuses.

Les hémorroïdes de Grade III ou IV sont souvent appelées « prolapsées ». Elles peuvent causer une sensation de pression, d’incomplétude, ou même une humidité persistante autour de l’anus. Ce n’est pas juste une gêne : c’est une indication qu’il faut agir.

Hémorroïdes externes : visibles, douloureuses, et parfois urgentes

Les hémorroïdes externes se forment sous la peau autour de l’anus, en dessous de la ligne dentée. Cette zone est remplie de nerfs sensibles. Donc, oui, ça fait mal. Très mal.

Les symptômes ?

  • Une boule dure, bleuâtre ou violacée, visible et palpable
  • Une douleur intense, surtout en s’asseyant
  • Un démangeaison persistante
  • Un gonflement qui s’aggrave au fil des jours

Quand un caillot de sang se forme à l’intérieur de la veine, on parle de thrombose hémorroïdaire. C’est l’un des cas les plus douloureux en proctologie. La douleur arrive soudainement, comme un coup de poignard. Elle rend impossible de s’asseoir, de marcher, ou même de dormir.

Contrairement aux hémorroïdes internes, les externes ne saignent pas souvent - mais quand elles le font, c’est parce qu’elles sont écorchées ou cassées par la pression. Et oui, il est tout à fait possible d’avoir les deux types en même temps. C’est même fréquent.

Femme appliquant une compresse chaude, hémorroïde externe visible avec des symboles de régime riche en fibres.

Comment les distinguer des autres problèmes ?

Beaucoup de gens pensent que tout saignement rectal vient des hémorroïdes. C’est une erreur dangereuse.

Une fissure anale, par exemple, cause une douleur vive, comme un déchirement, pendant ou juste après la selle. Elle ne provoque pas de boule visible, mais une petite déchirure que le médecin peut voir à l’examen. Elle est souvent confondue avec une hémorroïde externe.

Le sang provenant d’un cancer du côlon, d’une maladie inflammatoire comme la rectocolite hémorragique, ou d’un polype peut aussi ressembler à un saignement hémorroïdaire. La différence ? Il est souvent accompagné de changements dans les habitudes intestinales : diarrhée persistante, selles plus fines, perte de poids inexpliquée, ou fatigue.

Si vous avez un saignement rectal pour la première fois, surtout après 45 ans, ou si les symptômes persistent malgré les soins maison, consultez un médecin. Ne supposez pas. Vérifiez.

Que faire pour les traiter ?

Le traitement dépend du type, du grade, et de la douleur. Pas besoin de passer directement à la chirurgie.

Soins à domicile pour les cas légers

Pour les hémorroïdes de Grade I ou II, et les externes non thrombosées, les mesures simples sont souvent suffisantes :

  • Augmentez votre fibre : 25 à 30 grammes par jour. Des légumes, des fruits, des légumineuses, des céréales complètes. La fibre ramollit les selles et réduit la pression.
  • Boyez assez : Au moins 8 verres d’eau par jour. Sans eau, la fibre ne fait rien.
  • Évitez de rester assis trop longtemps sur les toilettes : Limitez-vous à 5 minutes. Lisez, pas le téléphone. L’effort prolongé augmente la pression.
  • Utilisez un petit tabouret : Mettez vos pieds sur un petit objet pour lever vos genoux au-dessus de vos hanches. Cela réduit la pression sur les veines du rectum de 30 %.
  • Bains de siège : 15 à 20 minutes dans de l’eau tiède, 2 à 3 fois par jour. Cela soulage la douleur et réduit l’enflure.
  • Crèmes ou lingettes à base d’hydrocortisone ou d’hamamélis : Pour calmer les démangeaisons et l’inflammation. Ne les utilisez pas plus de 7 jours sans avis médical.

Procédures mini-invasives pour les hémorroïdes internes

Si les soins à domicile ne suffisent pas, voici les options courantes pour les hémorroïdes internes de Grade II ou III :

  • Ligation par élastique : Le médecin place un petit élastique autour de la base de l’hémorroïde. Elle meurt en quelques jours et tombe. Efficace dans 90 % des cas. La douleur est légère, comme une pression dans l’anus, pendant 1 à 2 jours.
  • Sclérose : Une injection d’une solution chimique fait cicatriser la veine. Moins efficace que la ligation, mais utile pour les petits saignements.
  • Coagulation infrarouge : Une petite sonde émet de la chaleur pour fermer les vaisseaux. Peu douloureuse, mais nécessite plusieurs séances.

Les cas urgents : thrombose externe

Si vous avez une hémorroïde externe dure, bleue, et douloureuse depuis moins de 72 heures, une petite intervention peut vous soulager en quelques minutes. Le médecin fait une petite incision pour enlever le caillot. La douleur diminue presque immédiatement. Après, il faut continuer les bains de siège et la fibre.

Chirurgie : quand tout le reste échoue

La hémorroïdectomie - l’enlèvement complet des hémorroïdes - est le traitement le plus efficace pour les cas sévères, récurrents ou de Grade IV. Le taux de réussite est de 95 %. Mais la récupération prend 2 à 4 semaines. La douleur post-opératoire est forte, et nécessite souvent des analgésiques sur ordonnance.

Une autre option, la stapled hemorrhoidopexy, consiste à répositionner les tissus prolapsés et à réduire le flux sanguin. Moins douloureuse que la hémorroïdectomie, mais plus risquée en cas de récidive.

Médecin et patiente dans un bureau, schéma animé montrant une ligature élastique pour hémorroïdes internes.

Comment éviter qu’elles reviennent ?

La plupart des hémorroïdes reviennent… si vous ne changez rien.

Les études montrent que les personnes qui suivent les conseils de prévention - fibre, eau, pas de selle prolongée, activité physique - ont entre 5 et 10 % de risque de récidive. Sans changement de mode de vie, ce taux monte à 50 %.

Pour les femmes enceintes - qui ont entre 25 et 35 % de risque - les exercices du plancher pelvien et dormir sur le côté gauche aident à réduire la pression sur les veines.

Et surtout : évitez les « cures miracles » en ligne. Les crèmes « instantanées », les gélules « détox », ou les huiles « guérisseuses » ne sont pas validées scientifiquement. Elles peuvent même aggraver les symptômes.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Ne tardez pas si vous avez :

  • Un saignement rectal qui dure plus de quelques jours
  • Une douleur intense qui ne s’améliore pas après 7 jours de soins maison
  • Des vertiges ou une fatigue extrême (signe d’une perte de sang importante)
  • Un changement dans vos selles : forme, couleur, fréquence
  • Des symptômes qui reviennent après un traitement

Un bon médecin ne vous jugera pas. Il verra un problème médical, pas une honte. Et il saura quoi faire.

Les hémorroïdes internes peuvent-elles se transformer en externes ?

Oui, c’est ce qu’on appelle un prolaps. Quand une hémorroïde interne de Grade III ou IV sort de l’anus et ne rentre plus, elle est alors exposée à l’extérieur et peut devenir enflée, irritée, et douloureuse comme une hémorroïde externe. Elle n’est plus seulement interne - elle est prolapsée, et nécessite un traitement spécifique.

Est-ce que les hémorroïdes disparaissent toutes seules ?

Les petits épisodes, surtout les hémorroïdes de Grade I, peuvent s’atténuer avec des soins à domicile. Mais elles ne disparaissent pas complètement sans traitement. Le tissu vasculaire reste présent. Sans changement de mode de vie, elles reviendront. Le but n’est pas de les faire disparaître, mais de les calmer et d’éviter qu’elles se répètent.

Les hémorroïdes sont-elles contagieuses ?

Non, absolument pas. Ce ne sont pas une infection, ni une maladie transmissible. Elles sont causées par la pression sur les veines, pas par un virus ou une bactérie. Vous ne pouvez pas les attraper par contact, même sexuel.

Puis-je faire du sport avec des hémorroïdes ?

Oui, mais évitez les activités qui augmentent la pression abdominale : soulevé de poids lourd, vélo, ou exercices qui impliquent de s’asseoir sur une selle rigide. Privilégiez la marche, la natation, ou le yoga doux. L’activité physique aide à prévenir la constipation - ce qui réduit la cause principale des hémorroïdes.

Est-ce que la grossesse cause des hémorroïdes permanentes ?

Pas nécessairement. Pendant la grossesse, la pression sur les veines du bassin augmente, ce qui favorise les hémorroïdes. Mais dans 70 % des cas, elles disparaissent après l’accouchement, surtout si vous adoptez une alimentation riche en fibre et que vous évitez la constipation. Si elles persistent, elles peuvent être traitées comme chez tout adulte.

13 Commentaires

Nicole Frie

Nicole Frie

5 janvier, 2026 - 13:14

Ah oui, parce que bien sûr, tout le monde a le temps de lire un article de 5000 mots sur les hémorroïdes avant de se dire 'peut-être que je devrais arrêter de rester 20 minutes sur les toilettes à regarder TikTok'.

Clio Goudig

Clio Goudig

5 janvier, 2026 - 14:57

Je trouve ça pathétique que les gens croient encore que 'manger plus de fibres' est une solution. Tu penses vraiment qu’un bol de lentilles va réparer une vie de mauvaises habitudes ?

Dominique Hodgson

Dominique Hodgson

6 janvier, 2026 - 00:40

Les hémorroïdes c'est pas une maladie c'est une faiblesse c'est pas compliqué les gens qui en ont c'est parce qu'ils sont paresseux et ils mangent trop de merde

Yseult Vrabel

Yseult Vrabel

6 janvier, 2026 - 15:48

Je viens de me lever de mon tabouret de 15€ et je vais vous dire une chose : ça change tout. J'ai arrêté de m'asseoir comme un sac de patates sur les toilettes et j'ai vu la lumière. Oui, la lumière. Et non, je ne parle pas de la lampe de la salle de bain.

Bram VAN DEURZEN

Bram VAN DEURZEN

6 janvier, 2026 - 22:44

Il est regrettable que la majorité des recommandations présentées ici soient basées sur des données empiriques plutôt que sur des études randomisées en double aveugle. La ligation par élastique, par exemple, n'est pas validée selon les critères de l'Evidence-Based Medicine.

Eveline Hemmerechts

Eveline Hemmerechts

7 janvier, 2026 - 02:59

Je me demande si les gens qui souffrent d'hémorroïdes ont aussi conscience de la profondeur de leur souffrance spirituelle. Ce n'est pas une question de veines, c'est une question de déséquilibre énergétique.

Dani Kappler

Dani Kappler

8 janvier, 2026 - 13:14

Je suis d'accord avec tout ce qui est dit... sauf pour les bains de siège. C'est juste une excuse pour rester dans la salle de bain plus longtemps. Je le fais depuis 10 ans. Rien n'a changé.

Rachel Patterson

Rachel Patterson

9 janvier, 2026 - 22:34

L'utilisation du terme 'crèmes miracles' est scientifiquement inexact. Il conviendrait de remplacer cette formulation par 'produits non homologués par l'ANSM'.

Elaine Vea Mea Duldulao

Elaine Vea Mea Duldulao

10 janvier, 2026 - 17:52

Tu n'es pas seul. J'ai eu ça après mon accouchement, j'étais en larmes. Mais j'ai commencé à marcher 20 minutes par jour, j'ai bu de l'eau comme une folle, et aujourd'hui, je me sens comme une nouvelle personne. Tu peux y arriver.

Alexandra Marie

Alexandra Marie

12 janvier, 2026 - 09:05

Le tabouret, c'est la révolution. J'ai mis un livre sous mes pieds, j'ai arrêté de regarder mon téléphone, et j'ai fini par faire une selle en 3 minutes. C'est magique. Et non, je ne suis pas devenue une fanatique de la caca. J'ai juste arrêté de me torturer.

andreas klucker

andreas klucker

12 janvier, 2026 - 23:55

La distinction entre interne et externe est cruciale mais souvent mal comprise. Le grade III implique une prolapsion persistante qui nécessite une évaluation clinique. L'auto-diagnostic est risqué.

Myriam Muñoz Marfil

Myriam Muñoz Marfil

13 janvier, 2026 - 18:22

J'ai fait la ligation. C'était douloureux, mais j'ai survécu. Et maintenant je peux m'asseoir sans pleurer. Si vous avez peur, faites-le. Votre anus vous remerciera.

Brittany Pierre

Brittany Pierre

14 janvier, 2026 - 07:30

J'ai lu ça en 3 min, j'ai jeté mon téléphone, j'ai mis un tabouret, j'ai mangé des haricots et j'ai bu 2L d'eau. Je suis pas guérie mais je me sens comme une guerrière. 🙌

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